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Je suis fier de mes origines. — Roque
Roque Carlos Oggier, 62 ans, vit à San Jerònimo Norte, dans la province de Santa Fe, en Argentine.
Comme son nom l’indique, sa famille est originaire du Haut-Valais. C’est son arrière arrière-grand-père, qui, comme beaucoup de Valaisans au 19ème siècle, a fui le canton pour l’Amérique du Sud, accompagné de ses 2 enfants.
Descendant d’une famille de Varen, Roque Carlos revendique aujourd’hui ses racines, au point d’avoir demandé et obtenu son passeport suisse il y a 2 ans, d’être venu visiter sa région d’origine en 2004 et d’avoir pris des cours pour apprendre la langue de ses ancêtres : l’allemand.

Témoignage traduit

Je m’appelle Roque Carlos Oggier, et je vis à San Geronimo Norte, dans la Province de Santà Fé en Argentine. Mon arrière-grand-père s’appelait José Maria Oggier et mon arrière arrière-grand-mère s’appelait Marti. Ils venaient de Varen.

Et est-ce que vous savez pour quelle raison vos ancêtres ont quitté le Valais ? 

Bon, ce que nous on a entendu, c’est que la cause principale était la pauvreté. Dans le Haut-Valais, la montagne était très rude. Il n’y avait pas beaucoup de travail et ils ont été obligés de partir.

Est-ce qu’on vous a parlé du voyage et des conditions de cette arrivée en Argentine ?

Euh non, je n’ai pas connu mon arrière-grand-père, ni mon grand-père. Donc ma famille ne m’a pas vraiment expliqué dans les détails ce voyage, d’autant que mon arrière-grand-père avait 5 ans quand il est arrivé de Suisse.
Tout ce que je peux vous raconter c’est que le voyage a duré environ 3 mois, un voyage très dur, difficile. Il y a des personnes qui ont été volées, à qui on a volé les affaires, d’autres qui ont été malades aussi.
Mon arrière arrière-grand-père est venu avec 2 enfants, dont mon arrière-grand-père, qui est venu s’installer à San Geronimo Norte et qui s’est dédié au travail de la campagne.

C’est des histoires qui remontent… est-ce que vous vous sentez encore valaisan  et suisse?

Pour moi, je suis fier d’être suisse, surtout à l’étranger. Et j’ai d’ailleurs le passeport suisse. Mon père avait inscrit d’abord les 4 aînés, lorsqu’il y a eu un recensement, alors que nous étions 8 en famille. Moi, je ai eu le passeport il y a 2 ans. J’en suis très fier, d’autant que si toute la famille était inscrite à l’ambassade suisse, personne n’a eu le passeport en fait. Je suis le premier et le seul de la famille Oggier à avoir le passeport suisse.

La langue de vos ancêtres, en l’occurrence l’allemand, vous la parlez ?

Oui, quand j’étais déjà adulte j’ai pris des cours d’allemand, mais c’est vraiment difficile d’apprendre une langue étrangère à l’âge adulte. Dans la famille, mon père parlait, lui, toujours le dialecte suisse-allemand, mais il ne nous l’a jamais transmis, à aucun des enfants. C’est quelque chose que je regrette vraiment, car ça aurait vraiment été quelque chose d’important pour moi.

Vous êtes déjà retourné en Valais ?

Oui, oui, en 2004.

Et quels souvenirs en restent ?

Non, des très bons souvenirs. Je fais partie d’un conseil des Suisses à l’étranger. Nous avions une réunion à Winthertour et on en a profité pour nous rendre en Valais. Nous avons parcouru le canton durant 21 jours.
Nous avons été reçus par des gens que je connaissais déjà, des amis qui nous ont fait visiter le canton. Pour moi, c’est inexplicable, on se sent comme à la maison.

Est-ce qu’il y a une émotion particulière lorsqu’on revoit la terre de ses ancêtres ?

Oui, ce sont des moments qu’on ne peut pas expliquer, quelque chose d’inoubliable. On a fait le voyage de Milan à Brig en train et quand on est arrivé là-bas, on ressentait des frissons, quelque chose d’inexplicable, on se sent vraiment comme chez soi.

Envie d’y retourner ?

Oui, toujours. J’ai envie d’y retourner et j’aimerais surtout que mes enfants puissent un jour connaître le pays de leurs ancêtres et qu’ils puissent ressentir la même chose que je ressens en parlant du Valais et de la Suisse, qu’ils puissent en avoir la même image que j’en ai.