• Tunel du Simplon, Iselle

      Tunnel du Simplon, Iselle, ca 1900-1910

    • famille Bitschin

      La famille Bitschin avant la sortie du dimanche © Anderegg, venant de Floriano Walker, San Jerónimo Norte (1984)

    • forge Giovanola

      Forge Giovanola, début 20ème siècle, Isaline Giovanola et son fils Joseph avec des ouvriers. © Photo de famille

    1900 – Le passage du 20ème siècle

    Share on Google+Tweet about this on TwitterShare on FacebookEmail this to someone

    Au passage du 20ème siècle, le Valais s’industrialise. « Après un siècle de luttes politiques et de marasme social, (…) l’aisance devient possible », écrit l’historien Gérald Arlettaz. Ce développement du canton entraîne une importante vague d’immigration. Durant cette période, « le Valais est xénophile », estime même Gabriel Bender. Il faut dire que le canton a un grand besoin de main-d’œuvre. De nombreux chantiers d’envergure naissent avant la première guerre mondiale. Le percement des tunnels du Simplon et du Lötschberg débute et des usines telles que Lonza, Ciba ou Alusuisse s’installent dans la plaine du Rhône.

    Les Italiens sont alors les plus nombreux à venir chercher de l’emploi en Valais. Des ghettos de travailleurs transalpins voient le jour, à l’image du Village nègre de Monthey ou du Negerdorf de Naters, allusion à l’insalubrité des lieux et au teint plus bronzé de ces travailleurs. Au quotidien, ces ouvriers bénéficient de conditions de travail et de salaire souvent plus mauvaises que les indigènes, générant revendications salariales et mouvements de grèves.
    Certains immigrés italiens se sont malgré tout installés durablement en Valais. Aujourd’hui encore, des noms typiquement transalpins demeurent connus, à l’image des Gianadda, Rabaglia, Darioli, Bessero ou Giovanola, dont les familles ont contribué à forger le canton.

    Le saviez-vous?

    Au recensement de 1910, les étrangers représentaient plus de 11% de la population valaisanne, un taux qui ne sera plus dépassé avant 1990. « Dans les années 1910, près de 18’000 permis de séjours par année étaient délivrés en Valais », précise Jean-Henry Papilloud. La population valaisanne dans son ensemble était alors de 128’000 habitants.

    Ce développement du Valais ne sera pas sans conséquence sur l’émigration, qui ralentit à partir de 1895. Mais elle n’est pas pour autant abandonnée. L’industrialisation du début du 20ème siècle laisse en effet bon nombre de salariés sans terre, à la merci du chômage. Poussés par la nécessité ou désireux de s’émanciper socialement, certains Valaisans émigrent donc, plutôt que de se diriger vers les chantiers ou les usines. « Certains agriculteurs qui en ont les moyens préfèrent partir plutôt que travailler sur les chantiers ou dans l’hôtellerie », précise Thomas Antonietti. Klaus Anderegg pointe également un phénomène de « migrations en chaîne » : certains valaisans qui se sont exilés reviennent pour emmener leur famille en Argentine. Selon lui, certaines localités développent même « une tradition d’émigration », à l’image de Goms, dans le Haut-Valais, où de nombreux laitiers se sont exilés pour gagner leur vie en Amérique du Sud.