• valdivia

      « Souvenir de Voyage », le paquebot « Valdivia » © Anderegg, venant de Fidela Zeiter de Oggier, San Jerónimo Norte (1984)

    • Agence générale d

      Affiche de l’agence d’émigration Rommel à Bâle, avec le sous-agent Philippe Constantin de Nax (1875) © Anderegg, tiré des archives cantonales

    1848 – Fondation de l’Etat fédéral suisse

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    La Constitution helvétique de 1848 coïncide avec la fin de la guerre civile du Sonderbund, conflit résultant des tensions entre libéraux-radicaux et conservateurs, protestants et catholiques, centralisateurs et fédéralistes. En Valais, les radicaux gagnent également en importance dans le Bas et se retrouvent rapidement en conflit avec les conservateurs et l’Eglise, toujours aussi influents dans le Haut.
    Ce contexte favorisera certains départs pour l’étranger, au même titre que la faillite de la banque cantonale, en 1870. Durant la deuxième partie du 19ème siècle, l’émigration valaisanne prend donc un coup d’accélérateur. Entre 1850 et 1914, près de 18’000 valaisans se seraient expatriés Outre-mer, ce qui représente alors près de 20% de la population valaisanne.
    D’individuelle au début du siècle, l’émigration se structure. Des agences recrutent et organisent le voyage (photo). Principale destination : l’Amérique du Sud et en particulier l’Argentine, qui cherche par une politique incitative à peupler ses vastes territoires.
    Mais qui sont ces Valaisans qui s’exilent ? « Plutôt des gens de classe moyenne », répond Gabriel Bender. « Les paysans qui ont l’argent pour partir », abonde l’ethnologue haut-valaisan Klaus Anderegg, qui précise que la motivation est souvent personnelle pour migrer. Selon lui, prémices de problèmes financiers et conflits familiaux constituent les principales causes de départ. Mais d’autres aspects sont également à prendre en compte, écrit-il : l’émancipation d’un contrôle social parfois oppressant, voire des départs motivés par une « politique de débarras » plus ou moins provoquée par les autorités, à l’image de l’émigration de pauvres, de condamnés graciés en échange de leur exil et même d’handicapés mentaux. « Il y a probablement des cas, mais ce n’est pas une politique de masse », nuance Jean-Henry Papilloud.
    Pour voyager vers l’Amérique, le bateau et de mise. Et la traversée de l’Atlantique s’avère souvent mouvementée. Pour se rendre à Buenos Aires, la durée du voyage varie entre 50 et 70 jours, dans des conditions difficiles: entassement, nourriture de qualité médiocre ou maladies compliquent le périple. La mortalité à bord est particulièrement élevée parmi les enfants.

    Le saviez-vous?

    « (…) sur ces navires il est impossible de cuire tous les jours pour tous ces gens; il en résulte naturellement beaucoup de maladies (…) et la conséquence est la mortalité parmi ces pauvres enfants (…). Je connais un navire arrivé ici du Havre (…) sur lequel il n’y avait que six places à feu pour cuire des aliments pour 5 à 600 émigrants ». Dans de telles conditions, de nombreux passagers tombent malades et il arrive même que certains succombent avant leur arrivée. Il signale également que 23 enfants sont morts de faim au cours d’une traversée.

    (Archives fédérales 2/1392, lettre du Consul suisse à New York datée du 11 août 1854)

    Témoin de ces périples Outre-mer, des Follonier, Germanier, Locher, Imhof, ou encore Lagger peuplent aujourd’hui encore les provinces de Santa Fè ou de l’Entre Rios, à proximité de Buenos Aires.

    Bande-annonce du film « AUNAR – ceux qui sont partis » © Simon César Forclaz et Patric Zenklusen (2012)

    De son côté, l’immigration vers le Valais progresse durant la deuxième partie du 19ème siècle, en même temps que le canton s’industrialise sous l’impulsion de l’arrivée du chemin de fer (1860-70). A l’approche du 20ème siècle, la proportion d’étrangers augmente. Elle n’est toutefois que de 3% en 1888.