• Le Rhône à hauteur de Sion, 1829

      Le Rhône à hauteur de Sion, 1829 © Lory, Mathias Gabriel

    • Le pont de St-Maurice en 1811

      Le pont de St-Maurice en 1811 © Lory, Mathias Gabriel

    • Vue de Brigue en 1811

      Vue de Brigue en 1811 © Lory, Mathias Gabriel

    1815 – L’entrée du Valais dans la Confédération

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    Bon nombre de spécialistes s’accordent à le dire : les migrations ont toujours existé et ont contribué à forger l’identité et la culture valaisannes. Pour Thomas Antonietti, ethnologue et conservateur au Musée d’histoire du Valais, « le phénomène migratoire s’inscrit en fil rouge de l’histoire ». Le Valais n’y échappe donc pas. «Les traditions valaisannes ont été amenées par les étrangers », souligne le sociologue Gabriel Bender.

    Le Valais n’a donc pas attendu le 19ème siècle pour accueillir des migrants : une immigration de réfugiés, persécutés pour des raisons ethniques, religieuses ou politiques, mais aussi de travailleurs, actifs notamment dans l’artisanat ou les mines de la région. Difficile toutefois de connaître la véritable ampleur de ce phénomène migratoire, d’autant que la notion d’étranger est alors très large : elle fait référence aussi bien aux personnes originaires d’autres pays qu’à celles qui viennent d’autres cantons, voire d’autres localités. « La liberté d’établissement en Valais ne date que de 1839 », relève d’ailleurs Jean-Henry Papilloud, historien et ancien directeur de la Médiathèque Valais-Martigny.

    L’émigration, de son côté, est essentiellement militaire avant les années 1800, composée de mercenaires. On estime que près d’un million de soldats suisses se sont engagés dans le service étranger entre le 15ème et le 19ème siècle. De nombreux valaisans en font partie.
    L’émigration civile apparaît surtout au début du 19ème siècle, favorisée par les disettes et famines qui frappent le pays. A cette époque, près de trois quarts des Valaisans exercent une activité liée à l’agriculture. Or la plaine du Rhône, souvent inondée, n’est guère favorable à la culture. Le gouvernement n’a lui pas les moyens d’aider la population. Durant cette période, l’endettement n’est pas rare. Dès 1818, de nombreux Valaisans choisissent donc la voie de l’exil. Principales destinations : l’Amérique du Sud – Brésil en tête dans un premier temps – et l’Afrique du Nord. Cette émigration est individuelle et souvent débridée.